Nos seules limites sont celles qu'on se fixe !

Nos seules limites sont celles qu'on se fixe !
Par Wiss

Bon ben voilà, Embrun, c'est fait....

Sincèrement je m'attendais à quelque chose de difficile physiquement, ce le fût, mais psychologiquement c'est encore pire...

Récit de la course et de ce qui va avec :

On est arrivés la veille, après une halte à Grenoble, mon ancien chez-moi. Direction le briefing parmi les 800 et quelques autres athlètes après avoir retrouvé quelques collègues déjà sur place, qui ont reconnu le parcours vélo en voiture et qui nous prédisent l'Enfer sur Terre... Ca promet... Bref.

Le temps de prendre quelques photos souvenirs devant le plan d'eau, de préparer le vélo et de le déposer dans le parc, et il est déjà temps de penser à rentrer à l'hôtel situé à quelques kilomètres pour manger et tenter de dormir, demain réveil à 3h30.

Repas en compagnie de Claude et sa famille, Bernard qui est venu seul, ma miss et moi, des pâtes à profusion, va y en avoir besoin !

La nuit se passe pas mal, je pensais que j'aurais plus de mal à dormir, mais bon je me suis quand même réveillé à 2h40, l'impatience était grande.

Le temps d'avaler tranquillement le petit déj', vérifier une dernière fois les sacs, que je n'oublie pas les baskets ou autre chose, et je redescends à Embrun pour préparer le départ. Bien avant 5 heures, il y a déjà pas mal de monde, autant en public qu'en concurrents.

L'heure fatidique du départ approche, mais le fait d'être en compagnie de pas mal de collègues du club (11 en tout au départ) et d'autres qui ont fait le déplacement pour nous encourager permet de dédramatiser le truc.

5h50, on est tous prêts à partir, les filles et les handisports prennent le départ, 10 minutes avant nous. Puis 6h, arrive notre tour, la sirène retentit !

La natation se passe en deux tours, et je suis surpris de la virulence de certains concurrents, ça fighte sec dans l'eau ! Difficile au début de trouver ses repères en nageant de nuit, avec d'autres on manque de peu de couper la première bouée, un kayakiste nous rappelle à l'ordre. Le reste de la natation se déroule sans encombre, même si par deux fois je me fais attraper les chevilles, j'ai eu un peu peur de me faire arracher la puce de chronométrage, mais finalment pas de souci.

Le parcours n'est pas monotone, il y a beaucoup de bouées à franchir, ça permet d'occuper l'esprit et d'avoir des points de repère, le temps passe plus vite. De plus, le jour se lève rapidement et la visibilité est excellente.

Sortie de l'eau au bout d'1h13, soit exactement dans les temps que je m'étais fixé, je suis donc plutôt content de moi !

Le temps de se sécher et d'enfiler la tenue de vélo, et en avant pour le plus gros morceau de la course, du moins c'est ce que je pensais...

Ca grimpe d'entrée, dès la sortie du parc, et cela pendant un peu plus de 10 bornes. Je le savais et je prends donc mon mal en patience en roulant à l'économie. Bonne surprise, je reste dans le rythme des coureurs qui m'accompagnent, donc pas largué du tout, tant mieux c'était ma hantise.

Déjà 20 kms de roulés et on attaque enfin la première descente rapide. Le vélo répond bien, freine bien, je suis rassuré, la panne mécanique, j'avoue que ça m'inquiétait. On attaque une partie relativement roulante, assez plate, mais au milieu des voitures c'est pas évident. Premier retour sur Embrun, on recroise un public dense et des têtes connues, on entend des "Allez Wiss", "Allez Besac", ça fait plaisir !

Les bornes s'enchaînent tranquillou, dans un bon rythme, environ 25 de moyenne malgré la première grosse ascension, et au bout d'environ 75 bornes commence à se profiler les premiers lacets de l'Izoard, qui sera le premier juge de paix de la journée..

C'est là que ça se complique un peu. Je n'ai pas un gabarit de grimpeur, donc les longues ascensions ne me réussissent pas trop. La chaleur commence à se faire sentir (on approche de midi) et la pente augmente crescendo : plus le sommet approche, plus la pente est raide. La première moitié du col est abordable et se déroule plutôt bien à mon goût, mais dès que l'on passe le panneau "Brunissard", c'est autre chose...

La pente s'accentue brutalement, pour flirter avec les 12%, pendant d'interminables kilomètres (8 en tout). Je me mets à petit rythme pour en garder sous le pied, la journée est encore longue. 6 km/h, pour faire 8 bornes, c'est long. Heureusement on croise des bisontins dans l'ascension, Manu qui a fait le déplacement et qui nous suit en voiture, Maud et Benoît aussi en voiture, qui nous encouragent et nous boostent, ça aide !

En cours d'ascension je croise Alex arrêté sur le bord de la route, des crampes qui le tenaillent. J'essaie de l'encourager mais bon... Les lacets s'enchaînent, le sommet semble si loin. A quelques mètres de la Casse Déserte, sorte de désert aride qui orne le sommet de l'Izoard, Jessy me rattrappe. La Casse Déserte, endroit majestueux et inquiétant à la fois, qui offre une vue imprenable sur les sommets alentours, magnifique !

Le sommet du col est visible, on passe le panneau "100ème km" mais il reste encore deux bons kilomètres, je ressens les premières crampes dans les cuisses, on fait ce qu'on peut pour les faire passer tout en roulant. Une petite descente le temps de se rafraîchir un peu, 500 mètres à peine, et c'est l'assaut final du col, avec l'aide d'un public nombreux.

Ca y est, le sommet est atteint, 2360 m d'altitude, il fait finalement assez frais et l'oxygène est plus rare, d'où les crampes. Je regarde en bas, il reste aux autres 45 minutes pour passer le col dans les délais (avant 13h10) mais il y a encore du monde sur le vélo que je peux voir en contrebas...Un petit ravito, je discute 5 minutes avec Jessy, j'enfile mon poncho de fortune (un sac poubelle avec trois trous pour la tête et les bras), un peu de papier journal pour isoler du vent, et c'est parti pour la seconde partie du vélo. Descente rapide, le compteur flirte avec les 80km/h dans les grandes lignes droites récemment refaites, de vrais boulevards.

Un petit passage dans Briançon, et c'est le début du retour sur Embrun, avec le vent de face qui nous suivra tout du long.

Il est déjà plus de 13h, ça fait six heures que je suis sur le vélo et mon dos commence à me le faire savoir... Il reste trois grosses difficultés franchir, la première aux Vigneaux se franchit bien. La seconde le "mur" de Pallon porte bien son nom : quand on arrive dessus, on a vraiment l'impression de rentrer dans un mur tant la pente est rectiligne et raide, certains passages sont à 15% ! On prend donc son mal en patience, ça dure pas loin de 4 ou 5 kms...

Bon finalement ça passe, et on rejoint la route que l'on a pris au départ, retour sur Embrun, et c'est là que le plus dur arrive. Après être rentré dans Embrun, on attaque le col de Chalvet, qui se situe sur les hauteurs de la ville. Environ 6 bornes d'ascension à 11-12 % de moyenne, quand on a 180 bornes dans les pattes, c'est infernal. J'apprendrais après que cette dernière côte a eu raison de nombre de participants qui ont mis pied à terre à ce moment-là.

La montée est interminable, Jessy qui est reparti après moi de l'Izoard me double à nouveau, je suis au ralenti, et je sais qu'il ne faut pas que ça dure trop longtemps, les crampes ne sont pas loin, la fatigue est importante... C'est là qu'on se dit que finalement l'Izoard n'est qu'une petite partie de la difficulté totale du parcours, Chalvet est vraiment terrible. Je regarde la montre pour vérifier mon temps par rapport aux délais, à ce niveau ça va, sauf accident je serais au parc à temps.

Enfin le dernier somment, j'ai la tête qui tourne, je ne peux plus rien avaler, il me faut quelques secondes au moins pour m'en remettre et pouvoir aborder la dernière descente sereinement, j'attends que ma lucidité revienne.

Bien m'en a pris, la route de la descente est pourrie, bosselée à mort, je suis tout le temps en train de freiner, impossible de récupérer, mal aux mains à force, la totale.

Enfin le parc à vélos, 188 bornes après... Alors que j'arrive, le 5ème au général passe la ligne alors que je n'ai pas commencé le marathon. Hervé Faure, le vainqueur, a fini la course depuis plus d'une heure...

Vélo posé, je cause avec Jessy qui n'est pas encore reparti, me change. Je croise Bernard qui est rentré hors-délai en haut de l'Izoard, il n'avait pas les jambes, bad day.

En avant pour la course à pied, je pars en marchant les premiers mètres, le temps de relancer la machine. Un tour du lac à faire, trois bornes plates, ça va pas mal, on recroise quelques bisontins sur le bord de la route.

Ensuite la route s'élève de nouveau, une côte de 1500 m, et là, dès que ça grimpe, crampes un peu partout, obligé de marcher pendant toute la montée. On passe dans le centre d'Embrun, les gens nous encouragent, mais ça monte tellement que je suis obligé de continuer à marcher, impossible de courir.

Je fais à peine 7 kms en une heure, j'espère un peu que les jambes reviendront à un moment ou à un autre, mais ce ne sera pas le cas finalement. Les kilomètres s'enchaînent péniblement, tantôt en footing léger, le plus souvent à la marche. Je croise quelques concurrents arrêtés sur le bord de la route, l'un est avec des bénévoles et leur dit qu'il ne peut plus du tout avancer, fini pour lui...

La course à pied se fait en deux tours, je boucle le premier en trois heures, ce qui permet de croiser les collègues, ceux qui ont fini comme René, ou dû abandonner comme Claude. Un bisou à la miss, et on retourne sur le parcours. Plus ça va, pire c'est, je ne peux quasiment plus courir et la nuit commence à tomber... Kilomètre 30, ça commence à devenir difficile dans la tête, le temps se fait très, très long... Avec un gars des Pyrénées Atlantiques qui faisait comme moi, trottinait puis marchait, on commence à discuter tout en avançant, on se décide à faire a fin en marchant pour ne pas arriver à l'agonie, de toute façon il n'y a pas de délai éliminatoire à l'arrivée. On croise d'autres concurrents, on se fait doubler un peu, on en passe d'autres. Dans la nuit, une voiture de l'organisation nous accompagne un temps pour nous éclairer la route et nous tenir compagnie, sympa !

Il est 23 h, l'arrivée se profile, on refait un dernier tour de lac, et pendant ce temps, la miss, accompagnée du président viennent à notre rencontre car cela faisait déjà plus de 6 heures que j'avais entamé le parcours pédestre. On fait les deux derniers kilomètres tous ensemble, jusqu'à la zone réservée aux coureurs. Malgré le rythme peu élevé, l'hypoglycémie guette, même en marchant je chope des crampes... 23h45, 17h45 de course, la ligne d'arrivée se profile, mon collègue d'infortune passe la ligne avec moi et ses deux enfants, il y a encore beaucoup de monde de présent, beaucoup de spectateurs ! On nous remet le tant convoité polo "Finisher", quelques photos, les félicitations de tout le monde, c'est énorme. Mais bon, la tête tourne un peu, je file assez vite sous la tente des kinés, grand besoin de m'allonger.

Pendant la séance de massage, j'entends le speaker qui annonce l'arrivée des derniers, qui bouclent en à peine plus de 18 heures. J'apprendrais après qu'en tout, sur 800 partants en gros, on a été que 542 à franchir la ligne, une véritable hécatombe. Ce qui me rend d'autant plus fier d'avoir passé la ligne !

Embrun est une expérience grandiose, qui fait tâter ses propres limites physiques, mais qui éprouve encore bien plus les limites psychologiques des participants. On a beau avoir les jambes, si on n'a pas la tête on ne finit pas.

Comme quoi, après deux ans sans sport, une seule année de triathlon, finir Embrun c'est possible ! Je voulais me prouver ce fait, mais aussi le prouver aux autres personnes qui ont suivi la préparation, même si j'avoue qu'au départ je ne savais pas trop où j'allais. Nos seules limites sont celles qu'on se fixe !

A bientôt,
# Posté le vendredi 14 septembre 2007 19:24
Modifié le samedi 15 septembre 2007 00:01

« Pense a l'instant présent, et non à ce qui va t'arriver...»

« Pense a l’instant présent, et non à ce qui va t’arriver...»
Par Jessy

« Pense a l'instant présent, et non à ce qui va t'arriver.. La course commencera réellement au marathon !!! »

A J-2 mon visage se ferme, la reconnaissance du parcours vélo se poursuit en voiture avec Alex GILBIN et ses amis dans leur somptueux 4/4.
Cela fait maintenant une heure que nous nous laissons conduire pénard ; le premier diagnostic tombe : en sortie d'eau, c'est 14 kms de montés sur les 35 premiers km, Dénivelé + 600 reste encore à reconnaître 153kms !!

Ou suis-je ?

Les conseils des anciens défilent dans ma tête ;
« C'est EMBRUN , fils.. la course la plus difficile au monde ou tout le gratin du triathlon international débarque » !!
« T'y laisseras forcément des plumes » !!
Je souligne sur la carte la trajectoire du parcours, comme pour me donner bonne conscience et pourquoi pas privilégier une sortie montagne au sein du club ayant pour thème : sur les traces du mythique EM 2007.
Mais quelle couleur de stabilo dois-je prendre pour identifier les pentes positives : le rouge ? Mais y'a du rouge partout, ça ne sert à rien ; si a nous foutre les boules !!
Apres 3 heures de reconnaissance en véhicule, nous privilégions un arrêt à l'auberge de BRUNISSARD pour y déguster une collation et souffler un peu.
Le lieu dit BRUNISSARD ne m'est pas inconnu : Pierre et Manu m'en ont dit que du bien :
« Tu verras Jessy, a BRUNISSARD, t'enflamme pas, c'est un long faux plat montant en ligne droite avant d'attaquer les lacets du col de l IZOARD au km 90.
Ne regarde pas ton compteur,mais tu pourras compter le nombre de rayons de ta roue » !!.
Même Marilyne la patronne de l'auberge participe à l'événement.
« C'est horrible car tu auras le vent de face, même les professionnels maudissent ce tronçon.
Merci Marilyne, bon on y va les gars, le col de l'IZOARD nous attend.
Vue somptueuse au final des 8 km d'ascension sur des 10% par endroit pour ne pas dire plus...c'est au sommet que l'on pourra bénéficier de notre ravit perso. Pour ma part mon choix est fait (pain + comté) + arrêt de 20 minutes.
La longue descente sur BRIANCON est amorcée, on marque le km 120. on décide de shunter la reconnaissance des cotes des VIGNEAUX et de PALLON pour se consacrer au final du final, la cote de CHALVET au km 180 à l'entrée d'EMBRUN.
6kms de monter sur 12% par endroit... Le mur !!!!!!
Nos accompagnateurs rient du silence qui pèse dans la voiture. Alex et moi sommes dubitatifs et pensifs ; WISSAM qui n'aime pas les côtes, il va être servi. Il fera comme nous, il comptera les rayons du vélo ça lui donnera aussi une allure de pointe.
La reconnaissance vélo fini,c'est D+ 5000 sous 188kms à réaliser pour ma part en moins de 9h20 si je veux être dans les temps.
Une hantise me perturbe : ayant des faiblesses au chrono natation, je vise les 1h30.
hors j'ampute sur mon temps vélo et suis limité à 9h20 d'effort.
Beaucoup rattraperont le temps perdu dans les pentes positives, en gérant des descentes techniques habiles sur les freins. Les descentes techniques ne sont pas ce que je préfère, je suis trop amoureux de mes freins. Dois je laissé le doute s'installer sur le hors délai vélo
Le conseil de René revient.
« Traduis cette course comme une grande ballade Jessy, fige le temps et prend du plaisir, c'est ta course. C'est un rendez vous avec toi-même avant tout ».


Réveil à 3 heures du matin, nous y sommes. A 6 heures, le départ sera donné pour 15 à 16 heures d'efforts. C'est l'inconnu...

Je n'ai pas beaucoup dormi même si le dodo était programmé à partir de 21h00.
Au début ce sont les enfants du camping qui font la guerre entre eux ; il aura fallu l'intervention d'un futur IRONMAN pour recadrer tout ce petit monde vers 22h30. Puis vers 23h00 ce fut le tir amorcé du feu d'artifice du village voisin que j'ai imaginé le plus horrible qui soit.
Je prends depuis 10 minutes mon petit déjeuner dehors sur la terrasse abritée de mon chalet. Seule la lune m'éclaire comme pour faire la lumière dans ma tête sur cette journée qui m'attends. Cette journée que je prépare depuis janvier. Je m'isole, je fais le vide. Je suis prêt.

A 5 heures, je me présente vers le parc à vélo ; le pack triathlètes Bisontins est réunit sous des dossards qui se suivent. Moi c'est le 266. Nous sommes tous ensemble réunit. Bernard est à coté de moi et peaufine sa préparation. Du haut de ses 3 participations à EMBRUN, j'essaie de l'imiter dans son organisation. Les regards se croisent, et brillent sous les projecteurs. Ensemble je me sens confiant, proche et quelque part en sécurité au sein du club, au sein de nos anciens. C'est assez troublant et magique. C'est qu'il fait encore nuit, on chuchote presque. Il est 5h40, nous sommes prêt et partons tous ensemble encourager le départ natation féminin et handisport.
6 heures le départ est donné, le départ des 840 concurrents est rapide ; pas si vite !!, je me prends quelque tartines mais prend le temps d'en donner. On n'est pas à 10 places près.

Le jour se lève et j'amorce mon deuxième tour de bassin, je vois le fond de l'eau, j ai bien fait de ne pas prendre mes lunettes miroitées pour garder le cap en pleine nuit mais je regrette de voir le fond du lac avec les lunettes transparentes. J'ai l'impression d'être ivre c'est très désagréable.

1h30 après comme prévu je sors de l'eau ; j'enchaîne le vélo et ses 14 kms de montés initiales traduisant les prémices d'un parcours particulièrement difficile que je dois gérer. Sur la route je croise innombrables chambres à air non percuté, je constate alors que j'ai perdu ma pompe à vélo. Nous sommes au km35. Ça promet. Sur mon compteur, j'ai omis volontairement l'indicateur de vitesse au profit du tps vélo parcouru (inférieur à 9h30) et de l'heure actuelle (délai IZOARD 13H15).

Je m'alimente selon le même rythme que mes phases d'entraînement LD à savoir toutes les 10 minutes liquide et toutes les heures solide. Les ravitos me servent à me gaver en flotte uniquement. En cote toutes les 5 minutes eau + toutes les 10 minutes eau énergétique. Jusqu'au bout des 188 kms quelque soit la difficulté du parcours, j'aurais gardé la cadence eau + énergétique sans excès.
Sur la route une voiture cherche à me doubler, en me serrant l'immatriculation 25 se positionne à ma hauteur ; c'est Manu C et Francine qui me boostent et me donne rendez vous plus tard.

C'est au final de BRUNISSARD que je retrouve la famille Cupillard, Manu m'accompagne un instant en course à pied, et me donne des conseils, lui qui connaît aussi l'IZOARD pour l'avoir déjà fait et comment bien la gérer.

L'arrêt est judicieux en haut du col de l'ISOARD pour m'alimenter en salé et me couvrir pour entamer cette longue descente sur BRIANCON, deux crampes aux cuisses se manifestent, je dois me mettre en danseuse pour m'en séparer. Le photographe volant de l'organisation est la comme par hasard pour nous immortaliser. Ce positionnement stratégique face à l'effort et à la grimace me suivra tout au long de l'épreuve en la personne de JL MERRA notre préz' qui doublera avec un enthousiasme le photographe volant . .Alex est en difficulté dans l'IZOARD ; rien ne passe en alimentation. Cela lui sera fatal. Wissam quant à lui me talonne handicapé lui aussi par deux crampes.
Le mental est la et je suis dans les temps.

Apres 15 minutes de pause, j'identifie une voile volante noire monté sur un vélo me passant devant : C'est WISSAM qui affublé d'un joli sac poubelle s'attaque à la descente. Il est temps pour moi de reprendre la route. Il y a des Bisontins partout !! La ballade se passe bien, la mécanique aussi.
Le retour sur EMBRUN depuis Briançon se fera à bon nombre de fois le vent de face.

Le contact avec les triathlètes se poursuit néanmoins, certains me mettent en garde devant la difficulté de PALLON. En effet j'ai presque voulu poser le pied à terre devant cette cote courte mais intense face au vent. Le vélo n'avance plus. Tout le monde est dans la difficulté ; les grimaces sont bien là. Je n'entends plus les gens nous encourager ; mes oeilleres se ferment, je suis dans une grande difficulté .. allez BESANCON.

Cette ascension, je l'ai omis à la reconnaissance en VL, j'ai été bluffé.
Je me prépare d'ores et déjà à gérer celle de CHALVET ! si tu passes CHALVET ce sera ta victoire sur une étape montagne que tu appréhendais le plus.

L'avantage de cette difficulté connue c'est que je l'ai identifiée deux jours avant et que je savais ce qu'il m'attendait.

A proximité de cette difficulté marquant la fin du parcours vélo, je retrouve Wissam. Le début d'ascension se fera ensemble, encouragé sur les bords par JL MERRA présent comme par enchantement. Leur présence m'a permis de mieux gérer CHALVET surtout ce haut de cote qui n'en fini plus !!!

Il est 16h40 passé lorsque je rentre de nouveau dans le parc à vélo dans le délai imparti à 17h15.
Je prend 10 minutes à me préparer pour le marathon en ayant une pensée pour WISSAM qui se trouvait être en grande difficulté. Je croise BERNARD qui m'évoque son hors délai dans l'IZOARD et me fais part lui aussi de ses encouragements, puis au moment de partir la joie de voir WISSAM passer le parc à vélo dans les temps malgré un dégoût total des cotes, une overdose en direct.
Manu C qui était revenu sur le parc vélo pour nous encourager, m'invite à ne pas trop traîner malgré la présence des copains.

Les 4 premiers kms de course a pieds me sont pénibles, sur les flancs ; j'ai du mal à respirer, je n'arrive pas à développer ma cage thoracique. Je ressens la même douleur que CUBLIZE en juin dernier sur le 20 km au terme des 100 kms vélo. Le problème est que cette douleur m'a suivi a partir du km 15 et ce jusqu'à la fin. L'angoisse m'envahit. Je décide de m'arrêter et de marcher. De chercher à contrôler ma respiration comme quant on contracte un point de coté. J'alterne marche et course a pied sur 1 km environ. Ca va mieux ; la décision est prise de gérer toutes les difficultés du parcours à pieds. Notre prez m'attends sur la premiere difficulté du parcours CAP. « Ne craque pas Jess' je vais te casser les bonbons jusqu'au bout mon Jess' » « Ah je suis super content D'Jess !!! » « Allez mon Grand »

Tout au long du parcours, les retrouvailles avec J.Luc et Wissam se croiseront .
René passera la ligne d'arrivée alors que j'entame mon deuxieme tour.
C'est à mon tour maintenant de passer la ligne dans 2 heures environ.

Ma volonté s'est décuplée, ma foulée s'est allongée au rythme des encouragements. Mon arrivée est prévue vers 21h30 ; ma famille et ma fille Pauline sont prévenus.... Je serait au rendez vous.
Je remonte GAZIER, il reste 10 kms nous passerons la ligne d'arrivée c'est une certitude.
GAZIER me l'a promis

La nuit est tombée, il est 21h25 je traverse le village triathlon, le public est là, digne d'une arrivée du tour de France. Des mains inconnues se tendent en espérant que je les verrait pour les toucher. Les regards sont là, celui de Bernard May également, la pupille brillante, témoin d'une complicité, d'un vécu. Ma vision est floue, l'émotion prend le dessus ; je me retiens, je pense à Pauline :

"Au loin à 30 mètres de la ligne d'arrivée, Maman m'a tenu en éveille, il est 21h28. Je vois mon Papa qui vient me chercher, je suis la et pas bien grande du haut de mes 14 mois. Il me prend dans ses bras. Ensemble jusqu'au bout.

C'est bizarre tous ces inconnus qui nous acclament. Et le sportif dernier moi qui ne veut pas doubler mon Papa et qui marche lui aussi. C'est ça la valeur du sport ?

Il est 21h30 je passe sous l'arche FINISHER le compteur marque 15h40 minutes, mon Papa me porte vers le ciel, je devine dépasser tout le monde mais mon regard ne quitte pas le regard mouillé de mon Papa. ce rendez vous de petite fille et de son papa, je ne l'oublierais jamais. Maman arrive, on est bien tout les trois. Tu es maintenant un IRONMAN Papa, tu peux poser pour la photo, Jean Luc est là..."
# Posté le vendredi 14 septembre 2007 19:13
Modifié le samedi 15 septembre 2007 01:34

Six finishers sur onze

Six finishers sur onze
Par Wiss

Au final, sur les onze bisontins au départ, six ont passé la ligne : René, Fred Schryve, Fred Ottou, Gazier, Jessy et ma pomme. Résultats complets ici-même.

René : 13h06'30''
Fred O. : 15h17'40''
Fred S. : 15h18'54''
Jessy : 15h38'57''
Gazier : 16h14'27''
Ma pomme : 17h49'17''

Photos à venir très rapidement, merci Président !
# Posté le vendredi 24 août 2007 02:38
Modifié le vendredi 14 septembre 2007 23:56

"L'hebdo de Besançon"

Gloire et notoriété !

L'Hebdo de Besançon consacrera un article aux quelques Ironmen qui s'élanceront dans le lac du Serre-Ponçon le 15 août prochain pour une quinzaine d'heures d'efforts.

Cet article sera dans l'édition de mercredi prochain, donc, bisontins, guettez votre marchand de journaux !
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# Posté le mercredi 25 juillet 2007 12:05
Modifié le samedi 28 juillet 2007 04:50

Triathlon LD de Belfort (22/07)

Quatre Ironmen se sont alignés sur le LD de Belfort, avec des fortunes diverses.

- Très belle performance de René, qui finit l'épreuve aux alentours des 4h40', du lourd, ça promet pour le 15 août !

- Philippe réussit une belle course, aux alentours de 5h20, allure très régulière avec un très bon temps à vélo !

- Jessy, bien que sorti parmi les derniers de l'eau en plus d'1h10', réussit un très bon 5h25 grâce notamment à un bon vélo mais surtout une excellente course à pied, les 20 kms ont été avalés en 1h36' seulement.

- Wissam, pour sa première sortie sur cette distance, a pâti de gros maux de ventre sur les 15 derniers kilomètres à pied, allègrement dépassé par Jessy à ce moment-là d'ailleurs (certains bénévoles s'en souviennent, n'est-ce pas...) et termine aux alentours de 5h40. Il faudra mieux manger la prochaine fois !
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# Posté le mercredi 25 juillet 2007 12:02